J'ai reçu hier soir un message assez émouvant d'un inconnu qui vient sans doute de temps en temps se perdre entre mes lignes. C'était la première fois que quelqu'un me contactait ainsi, directement, et j'aimerais l'en remercier ici. Là encore on est dans la magie du net : des gens qu'on ne connaît pas et qu'on ne connaîtra sans doute jamais qui prennent la plume ou plutôt le clavier pour écrire de gentilles choses, des mots qu'on n'entend jamais dans la vraie vie, des mots que soi-même on ne dirait pas à ceux que l'on connaît et que l'on aime .
Pourquoi cette réticence à dire les choses aux gens dont on est proche ? Cette peur, cette angoisse, ce blocage complet devant des gens qu'on apprécie pourtant. Moi qui doute tout le temps, de tout et de tout le monde, j'ai besoin de temps en temps d'entendre des mots rassurants, pas des mots d'amour car ceux-là, je n'en rêve plus, mais simplement des mots qui permettent d'y croire encore... et je me dis que peut-être les gens que j'aime ont besoin de recevoir la même chose de ma part, d'être rassurés sur le fait que je les aime justement. Et pourtant, je suis incapable de le leur dire... comme si j'avais encore et toujours cette angoisse de les entendre me dire "Tu m'aimes ? Mais moi, je ne ressens rien pour toi, tu n'es rien pour moi et tu es bien folle de t'imaginer le contraire."C'est ce que j'ai entendu ou plutôt lu dans une lettre écrite par la personne en qui j'avais le plus confiance, à l'époque. Durant plus de 10 ans il m'a laissé croire que j'étais sa meilleure amie et même plus... et au moment où j'ai enfin osé lui dévoiler mes sentiments, voilà ce qu'il m'a dit... Il balayait toutes ces années en une seule phrase, me laissant comprendre que j'avais cru au père Noël, que lui à qui je racontais tout, n'en avait absolument rien à faire de moi, de ma vie et de mes sentiments.
Alors, aujourd'hui, pourquoi serait-ce différent ? Pourquoi ne serais-je pas encore en train de croire à ce foutu père Noël ? Qui me dit que dans quelques mois on ne viendra pas me dire: "Amis ? Nous ? Non mais tu rêves ! On ne l'a jamais été et tu es bien bête d'y avoir cru."Alors, je ne dis rien, je ne dis plus aux gens que je les aime... parce que c'est trop risqué d'aimer quelqu'un ouvertement. Et pourtant, je les aime vraiment mes amis... et j'ai encore et toujours des moments de folie où je crois qu'ils m'aiment aussi... qu'ils m'aiment pour longtemps... Allez, je vais rêver encore que c'est vrai... au moins un petit peu.