Il n'y a pas longtemps, pour une proposition de soirée au collège, je lisais cette phrase dans l'affiche d'insciption : "Apportez votre bonne humeur". Il est évident qu'on ne va pas dans ce type de soirée pour faire la gueule ou pour mettre une sale ambiance... Mais, apporter sa bonne humeur, est-ce une obligation ? Ne peut-on pas, tout simplement venir pour se changer les idées aussi ?
Vous allez me dire que personne ne se changera les idées
si tout le monde vient avec ses idées noires et ça finira par une mauvaise soirée... Mais bon, sur le nombre, quand même, il y a bien quelques uns qui seront de bonne humeur, naturellement, sans
avoir à faire semblant et qui, naturellement aussi, entraîneront les autres vers la bonne humeur. Ce qui me dérange c'est un peu l'obligation. Soit tu apportes de la bonne humeur soit tu ne viens
pas parce qu'on ne veut pas de toi...
Or, ça ne se contrôle pas, la bonne humeur. Les jours "sans" comme on dit, on aimerait bien que ce soit des jours "avec". On ne se réveille pas en se disant "Ah ! Je vais être de bonne humeur aujourd'hui !" C'est un sentiment, une sensation, un état qui s'impose à nous parfois à cause de quelque chose ou de quelqu'un, parfois comme ça, sans qu'on sache trop pourquoi...
Mais, c'est mal perçu, c'est clair... C'est un peu comme la tristesse, la morosité, le cafard... ça va 5 minutes mais ensuite ça dérange. J'ai lu un article sur un blog hier. La personne qui écrit a récemment perdu quelqu'un qui lui était très cher. Depuis, pour résumer, elle ne s'en remet pas, elle dit elle-même qu'elle ne parvient pas à faire son deuil et elle constate que pour son entourage, il y a comme un délai raisonnable à respecter... On a le droit d'être désespéré quelque temps (variable selon les personnes) mais, au bout d'un moment, plus ou moins long, il faudrait "aller de l'avant" et, en gros, arrêter d'emmerder le monde avec sa tristesse... De la compassion des débuts, on passe à la lassitude, voire l'agacement... "Bon, et c'est quand que tu vas aller bien ?"
C'est valable pour la peine, pour les douleurs psychologiques mais aussi pour les douleurs physiques. Ainsi, quand on a été malade ou blessé, pendant un temps, tout le monde est aux petits soins... et puis, plus ou moins rapidement, les gens oublient, ne pensent plus et se remettent à nous traiter comme avant... Or, parfois, on souffre toujours mais, c'est pareil, les autres finissent par se lasser : "Ah, c'est encore ton dos (ta migraine, ton pied, ton genou..........) ? Mais ça dure longtemps hein ?"... Ben oui, tout ne se guérit pas comme un rhume non plus... Sans compter les trucs chroniques dont on finit par ne plus parler parce que c'est toujours pareil et de toute façon personne n'y peut rien, même pas les médecins... On ne peut que subir, seul et en silence... ça finit par être lourd à porter mais c'est peut-être mieux encore que les reproches plus ou moins voilés.
Alors, avec tout ça, souvent, on n'a pas envie de faire semblant d'être de bonne humeur parce que c'est fatiguant, tout simplement.. mais ça n'empêche pas d'avoir envie de se sortir de tout ça, de se changer les idées et donc, je trouve que la phrase "apportez votre bonne humeur" est de trop.