On ne peut aider les gens que lorsqu'ils veulent être aidés. J'en ai eu la preuve tout récemment. Une jeune personne visiblement désespérée,
désemparée, mal dans sa peau pour diverses raisons, paûmée en somme, avait lancé de multiples appels au secours. Je l'ai écoutée, j'ai essayé de la comprendre en me disant que sa vie
n'était pas facile, qu'elle avait souffert... Mais, aller toujours dans le sens des gens, les plaindre et tout accepter sous prétexte qu'ils souffrent, ce n'est pas comme ça qu'on leur rend
service. On les enfonce dans leur malheur au contraire. Et le but, dans ces cas-là, c'est plutôt d'essayer de les faire aller mieux. Ouais, encore faut-il qu'ils souhaitent aller mieux. Là, c'était
pas le cas. Après avoir tapé du poing sur la table et asséné quelques vérités qui dérangent, la demoiselle a mal réagi... Evidemment, lorsque tout le monde la plaignait, c'était vachement
mieux.
Je déteste ce genre de situation où on se met en quatre pour aider quelqu'un, sincèrement, et où ça se retourne contre soi parce que tout simplement ce que désirait la personne c'était se faire
plaindre et rien d'autre. Elle n'est pas du tout décidée à s'en sortir, au contraire... et elle multiplie ces fameux appels qui poussent les gens à la plaindre...Pour moi, c'est terminé ce petit
jeu. Et les autres qui éventuellement la plaignent encore, il y en a de moins en moins, heureusement, finiront aussi par y voir clair un jour ou l'autre. Et là, peut-être, la demoiselle en détresse
comprendra-t-elle qu'elle doit accepter certaines remarques et certaines vérités si elle veut vraiment que les gens l'aident...
N'empêche que je trouve ça frustrant et presque vexant. Je ne devrais pas m'investir autant mais bon, j'aurais bien aimer l'aider cette jeune fille. Elle a claqué la porte au nez de tous ceux qui
n'allaient pas dans le sens où elle le souhaitait : la plaindre pour tous ses malheurs et maintenant, elle s'accroche et entraîne dans sa tourmente ceux qui marchent encore, qui la consolent, la
plaignent, pleurent avec elle sur sa vie dévastée... Ce n'est pas une bonne chose. Elle est trop jeune pour ne pas pouvoir réagir et là, personne ne l'aide vraiment à s'en sortir. Mais, tant pis...
C'est son choix. J'ai fait ce que j'ai pu. J'ai ma consience pour moi. A elle de vivre avec la sienne à présent.