Depuis quelques mois, déçue par les fans de Claude François, j'avais fini par faire une sorte de transfert sur le chanteur. Je devenais très critique vis à vis de lui un peu comme si je lui en voulais à lui de toutes les saletés faites par ses fans. Je ne l'écoutais plus comme avant, je ne voulais plus vraiment en entendre parler... et pourtant une chose m'a étonnée : je n'ai pas eu le courage d'enlever la grande affiche de lui que j'avais fièrement accrochée au mur de mon bureau.
Et puis, récemment, j'ai réécouté une de ses chansons, comme ça, un peu par hasard et une espèce de sentiment de culpabilité s'est emparé de moi. De quel droit lui fais-je payer la méchanceté et la bêtises de ses fans ? Après tout, il y a 4 ans, avant que je n'entre dans le milieu des fans, j'en étais moi-même une, j'avais moi-même une image plus ou moins idéalisée de Claude et j'étais finalement heureuse comme ça. J'aimais l'entendre et le regarder parce qu'il représente finalement toute ma jeunesse. Son souvenir est encore dans mes rêves d'enfant et son souvenir est beau... Pourquoi me suis-je laissée embarquer dans ce tourbillon infernal ? Pourquoi ai-je laissé salir mon rêve par des imbéciles qui ne pensent qu'à faire le mal autour d'eux ? Sans doute parce que j'étais contente d'appartenir à cette communauté que j'ai eu la stupidité de prendre pour une grande famille... Je ne peux donc m'en prendre qu'à moi-même finalement.
Depuis quelques jours, je laisse de côté le monde des fans et j'essaie, toujours dans mes multiples réflexions, de me recentrer sur moi et sur ce que j'aime, sur ce que j'ai envie de faire, d'entendre, de voir, de lire, de découvrir. Et Claude François est toujours là, toujours au centre de mes préoccupations, malgré tout. Il fait partie de mon univers.
Alors, au diable ses fans. La magie de Claude François je veux à nouveau la prendre pour moi, la conserver en moi, la vivre pour moi, comme avant. Juste comme un p'tit plaisir, juste comme une fenêtre ouverte sur mes années d'enfance et d'innocence.
