Depuis quelques années, j'ai remarqué qu'on a tendance à systématiquement culpabiliser les gens, pour tout, sur tout...
A la télé, par exemple, je me souviens d'une émission qui s'appelait "La grande famille" et qui passait sur Canal + en clair à l'heure de midi. C'était Delarue qui animait et souvent, un peu
comme dans son émission actuelle, il recevait des gens qui avaient des problèmes, qui vivaient des situations difficiles (les gens heureux n'ont pas d'histoire, c'est bien connu). Comme il se
doit, il y avait une psychologue qui venait et généralement, quel que soit le souci abordé, les parents et en particulier les mères s'en prenaient plein la tronche. Et vas-y que je te balance que
si tu avais été une mère parfaite, ton fils ou ta fille n'en serait pas là... sauf que les mères, souvent, elles font ce qu'elles peuvent, comme elles peuvent... Y'a pas de manuel de la mère
parfaite et puis, même, ce serait débile puisque les enfants sont tous différents. Et puis, à un moment, faut peut-être aussi que les enfants acceptent qu'ils prennent leurs propres décisions...
et qu'ils subissent les conséquences de leurs propres choix. Mais non, c'est plus facile de culpabiliser les mères...
Après, y'a toutes les histoires de maltraitance dont on nous rebat les oreilles. Je ne dis pas qu'il faut faire comme avant une sorte d'omerta sur les enfants battus... on ne sait pas, on ne voit
pas, on n'entend pas et on laisse les gosses souffrir en silence. Evidemment que c'est abject mais... le problème c'est que maintenant tout le monde se sent coupable à la moindre fessée. Et vite
fait, on s'excuse d'avoir agi de la sorte en indiquant :"Oui, j'ai donné une fessée mais je ne suis pas une maman maltraitante."... Bien sûr que non !Qui en doute ? Qui oserait penser ça ? Des
pères la morale qui font parfois cent fois pire chez eux et qui au dehors viennent donner des leçons ? Facile !!!
Il faudrait arrêter de penser que c'est par plaisir qu'on donne une fessée. J'imagine mal une maman se dire le matin "Hummm, j'ai hâte de donner une fessée à mon enfant... Pourvu qu'il fasse une
connerie pour que j'ai une bonne excuse pour le faire !" En général, c'est un geste qui peut tomber parce qu'on est énervé. On va pas non plus décerner une médaille... mais ça n'a rien de
dramatique ni de cruel. Un enfant a besoin de connaître des limites or, une mère laxiste met son enfant bien plus en danger qu'une mère sévère mais juste. Depuis Françoise Dolto, on a
appris qu'il faut dialoguer avec l'enfant... lui expliquer pourquoi c'est pas bien de faire ci ou ça... Certes. Mais, il est un âge où l'enfant ne comprend pas vraiment ce qu'on lui
explique. Si on le prive de quelque chose, si on lui montre que ses actes ont une conséquence, c'est plus clair... et même sans aller jusqu'à la si terrible fessée, il y a des moyens de sévir vis
à vis d'un enfant. Oui, je sais c'est réac ce que je dis mais un enfant a besoin de sévérité et pas de laxisme. Savoir qu'il a tous les droits chez lui est quelque chose d'effrayant qui l'empêche
de se construire dans de bonnes conditions. On voit les résultats : des gamins qui découvrent parfois au tribunal qu'on n'avait pas le droit de tuer ou de violer !... Je prends un exemple
extrême, mais ça montre quand même que les gosses n'ont plus de repères, trop souvent.
Dans un registre moins dramatique, au collège, il nous est arrivé de recevoir des parents d'enfants dits "pénibles" qui nous expliquent que le gamin a tout à disposition à la maison : consoles de
jeux, télé, ordinateur dans la chambre. Il se couche à 4h du mat parce que ça lui fait plaisir ou bien il sort avec ses copains et revient bourré (à 13 ans...) Et lorsque nous disons aux parnts
qu'il faudrait peut-être le priver de quelque chose ou l'empêcher de sortir et éventuellement de boire, ils nous disent "Mais, ça ne va pas le traumatiser si on le prive de ce qu'il aime ?"... Ou
alors, la variante "Oui, mais si je fais ça, mon fils m'a dit qu'il appellerait SOS enfance maltraitée." Résultat, le gamin conserve tous ses privilèges et la situation ne s'améliore jamais...
Pourquoi ? Parce que les parents ont tellement entendu qu'il ne fallait pas être trop sévère, que la maltraitance pouvait être partout, qu'ils sont déboussolés et ils n'arrivent plus à s'imposer
en tant qu'éducateurs de peur de mal faire et d'être jugés...
Et pour tout c'est un peu ça... on est jugé sur tout ce qu'on fait, sur tout ce qu'on dit et au final on essaye de devenir ce qu'on n'est pas pour rentrer dans le moule imposé par la société. Et
plus ça va, plus ce moule est étroit et strict. Moins on a de liberté, moins on a le droit à ce que les autres considèrent comme des erreurs... Tout le monde soupçonne tout le monde des pires
choses dès que ça sort un peu de l'ordinaire... et même, les choses qui étaient ordinaires avant deviennent louches. Récemment, Pensée avait posté un article sur les différences entre 1968 et
maintenant et un truc m'avait marquée : en 1968, lorsqu'un enfant pleurait dans la cour parce qu'il était tombé, le maître allait le consoler en lui caressant les cheveux; aujourd'hui, pour la
même situation, le maître est poursuivi en justice pour défaut de surveillance de la cour de récré et accusé d'attouchements sur l'enfant.
Bien sûr il y a des pervers, des psychopathes, des débiles, des violents, des fous furieux, des abrutis mais est-il nécessaire pour autant de toujours tout pointer d'un doigt accusateur ?Et
le pire c'est qu'à force d'être "dressés" par les media à ce comportement on finit par l'adopter, même sans s'en rendre compte.