Il y a de joyeux anniversaires que l'on craint, que l'on voudrait éviter. Ne pas les fêter ou ne pas les souhaiter n'y change rien. Ils sont
là, chaque année... ils reviennent, ils s'amoncèlent, s'empilent les uns sur les autres jusqu'au jour où, on le sait, ils formeront une pile bien trop haute pour qu'elle puisse encore tenir debout.
Dans la tête, cette addition inéluctable ne se ressent pas, pas vraiment mais le corps la subit, la gère du mieux qu'il peut jusqu'au jour où il ne le peut plus. Tout s'effondre alors. Il ne reste
plus rien à part le souvenir douloureux des joyeux anniversaires qu'on aurait peut-être dû mieux souhaiter ou mieux fêter. Je voudrais tellement aujourd'hui arrêter le temps pour que s'arrête
l'échafaudage infernal. Couper le fil du temps et me retrouver dans un infini paisible et rassurant, loin de cette angoisse et de cette terreur que je ressens sans cesse parce que je sais qu'un
jour, toujours plus proche, les années seront trop lourdes et que tout sera fini, terminé, oublié.