J'avais deux textes à terminer. Des nouvelles. Plantées là comme deux ronds de flan depuis plusieurs mois. J'avais les idées mais pas les mots. Pas les phrases. Bref, pas le texte. Cet après-midi, je m'y suis mise. J'avais envie d'écrire. Je ne savais pas quoi. Alors, j'ai repensé à ces textes inachevés qui m'attendaient. Je les ai relus. Forcément, j'avais oublié de quoi il était question. Et c'est parti. Mes mots sont arrivés, comme il le fallait. J'ai terminé deux nouvelles et eu l'idée d'une troisième que j'ai rédigée d'un coup d'un seul. J'en ai donc huit maintenant. Oui, oui, des nouvelles nouvelles. J'en ai une neuvième quelque part dans la tête... elle est encore indéfinie, très floue... C'est bizarre d'ailleurs ce processus de "création"(oh, comme il paraît prétentieux, ce mot !).
L'idée floue qui peu à peu prend forme et se laisse dompter par les mots et les phrases. C'est un peu magique, je trouve. Un peu surnaturel... c'est là, depuis longtemps, pendant longtemps, masqué, flouté, bizarre, informe mais ça semble intéressant. Bizarrement intéressant.
Malheureusement, pendant plusieurs heures, jours, semaines ou mois, ça s'échappe dès que l'attention se fixe dessus... agaçant mais, quelque part, prometteur... C'est comme un jeu de cache-cache. Une chasse au gros gibier dans laquelle le gibier est bien plus armé que le chasseur. Il est fuyant, sauvage, rapide, discret. Il se camoufle à merveille.
Mais, le jour où il cède enfin, c'est merveilleux. C'est comme un rêve qui devient réalité. Et là, les mots l'entourent, l'embrassent, le capturent, le cajolent et l'enferment afin d'être sûrs qu'il ne s'échappera plus. Il est pris, captif mais... c'est là et seulement là qu'il va pouvoir s'épanouir. C'est comme une naissance. Et moi, j'aime ce moment-là, plus que tout autre, je crois... ce moment où de l'informe naît quelque chose que je m'empresse de fixer sur "papier", que je m'amuse à regarder se développer dans la douceur des mots. C'est là que se trouve la magie de l'écriture.