Fernandel un peu à contre-emploi dans cet extrait du Palmarès des chansons de mars 1968. Un superbe titre qui illustre bien la vie d'un comique qui souffre d'être drôle malgré lui, juste parce qu'il a une tête à faire rire, un accent dont on se moque, quelque chose en lui que les autres trouvent ridicule. Dans ce domaine, la cruauté n'a pas de limites. Les gens cherchent et aiment trouver les faiblesses des autres et s'en servir. Etre la risée d'une classe ou des camarades de régiment ou encore voir la fille que l'on aime éclater de rire tellement elle ne le prend pas au sérieux, voilà les grandes lignes de cette chanson que le grand Fernandel interprète avec beaucoup d'émotion. Quelle présence sur scène ! C'était un très grand monsieur du cinéma, l'un des plus grands selon moi et ici, c'est son talent d'acteur qu'on retrouve. Cette chanson est un peu un retour sur les raisons qui peuvent permettre à un souffre-douleur de transcender les moqueries et ses souffrances pour en faire sa force et renverser la vapeur en mettant de son côté ceux qui étaient contre lui. Fernandel vit cette chanson à fond, sans doute parce qu'il a connu tout ça, il en a été victime. Et de ses souffrances est né son plus grand bonheur : faire rire les gens. Bravo Monsieur !