Malgré le temps qui passe et malgré le fait que je ne parle presque plus de lui, mon blog attire toujours des fans de Claude François divers et variés (je présume). Quand je regarde les stats, je vois que ce sont les articles qui sont consacrés à mon idole qui ont toujours du succès. Mais je remarque quand même un truc étrange (enfin, oui et non) : j'ai écrit plein d'articles élogieux sur Cloclo, plein d'articles où j'expliquais mon admiration pour cet artiste et les seuls qui sont commentés par les fans inconnus (ou masqués) qui déboulent ici, ce sont les articles où j'ai émis des critiques, peut-être pas toujours justifiées, personne n'est parfait... Du coup, quand j'ai le droit à des commentaires (plutôt risibles souvent quand même), on me soupçonne carrément de détester Cloclo. Alors, bon, évidemment, ça veut dire que ces "lecteurs" n'ont pas été voir plus loin que le bout de leur nez... ça prouve aussi à quel point on peut avoir une appréhension totalement éronnée des choses quand on n'a qu'une infime partie des informations... ça montre enfin qu'il est plus facile de déposer un verre de fiel qu'un sachet de nounours en guimauve...
Bon, comme la bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe (c'est moi, la colombe, hein, au cas où...), les commentaires de ces visiteurs venimeux ne me font ni chaud ni froid en réalité, j'ai passé ce stade... Mais, pourquoi en parle-t-elle alors, la blanche colombe ? vous demandez-vous, à juste titre. Eh bien, j'en parle parce que ça me ramène à quelque chose que je déteste (et là, vous allez voir que l'idée de mon inspection n'est pas loin...) : être jugé sur un truc "pas bien" dillué dans plein de trucs "bien". J'ai horreur de ça... Cette impression que tout se joue sur le seul truc négatif qu'on fait, un jour, une heure, une minute et PAF, tu as l'impression que tu es bon à jeter aux chiens, à foutre à la poubelle... Je ne parle bien sûr pas de trucs gravissimes genre des meurtres ou des délits qu'on peut commettre une fois alors qu'avant on était irréprochable du point de vue de la justice... Non, je parle de trucs quotidiens... genre... une inspection (oui, je sais c'est pas quotidien mais bon... on ne va pas jouer sur les mots) !
L'inspecteur vient une heure dans nos classes ! UNE HEURE ! Tu te plantes, tu es dans un mauvais jour, les élèves sont de mauvaise humeur, tu n'es pas à l'aise dans le sujet choisi, les élèves ne réagissent pas comme tu l'espérais et tu as l'inspecteur au fond de ta classe qui assiste à ça. Il ne va donc avoir que ça pour juger et pour ensuite remettre un rapport sur toi, ton enseignement et ta valeur professionnelle...UNE HEURE !!! Combien d'heures voit-on nos élèves dans une année ??? A raison de 4 heures par semaines sur une trentaine de semaines, ça nous fait en gros 120 heures... Donc, pendant 119 heures on n'a personne pour nous juger et peut-être qu'en effet, on est nul... Tout est possible. Mais, admettons... Y'en a des profs comme ça... Ils sont nuls et le jour de l'inspection, ils préparent un cours méga top génial et l'inspecteur, il est bluffé... Le principal ou le proviseur aura beau dire qu'il sait que dans les faits, c'est faux, que ce prof est un fumiste, l'inspecteur a assisté à un cours qui lui a semblé très professionnel et intéressant et le prof est félicité... Je dis ça parce que j'ai connu cette situation lorsque faisais des remplacements...
Donc, si c'est valable dans ce sens, ça l'est dans l'autre aussi : tu as fait 119 heures plutôt pas mal (avec des hauts et des bas forcément) et l'heure pendant laquelle tu es inspecté, tu la foires... eh ben, tu passes pour un gros nul, un incompétent notoire, un crétin fini...et quoique tu fasses ou dises, c'est cette heure merdique que l'inspecteur aura vue et rien ne la lui enlèvera de l'esprit...Ça me fait penser à ma deuxième inspection où on m'avait sans cesse reproché d'aller puiser mes cours dans une revue spécialisée très connue des enseignants... L'inspectrice revenait sans cesse sur ce sujet, elle l'a même écrit dans le rapport... alors que je n'avais encore jamais ouvert la fameuse revue, que j'ignorais tout des cours qui y étaient proposés... j'avais eu beau lui dire ça, elle a campé sur ses positions en me disant que mes autres collègues avaient le même problème et qu'elle en avait marre que cette revue soit la bible de tous les profs de lettres... Je ne sais pas ce qu'elle avait contre ces cours-là, mais en tout cas, ça l'obsédait.
Je n'aime pas me retrouver dans une situation (professionnelle ou personnelle) qui risque d'anihiler ou d'assombrir tout ce qui a pu être fait en bien auparavant, lorsque la seule ombre au tableau peut remettre en cause le tableau tout entier. Alors, bien sûr, dans l'idéal, il faudrait qu'il n'y ait jamais aucune ombre au tableau, jamais rien qui déçoive, qui blesse, qui agace, qui énerve, qui insupporte même... C'est pas parce qu'on est déçu, blessé, agacé ou énervé qu'on est devenu amnésique ou aveugle , si ? J'aimerais bien être parfaite, toujours et partout pour m'éviter ces tourments mais, hélas, j'y arrive pas... et vous ???