"Ne crie pas." Combien de fois j'ai entendu ma mère m'ordonner cela quand j'étais petite. Je l'ai aussi souvent entendue dire ça lorsqu'elle avait en garde des enfants. Dans l'appartement, c'était "Ne crie pas, tout l'immeuble n'a pas besoin de t'entendre." et dehors c'était "Ne crie pas, les gens te regardent !". Pourtant, je ne criais pas. Enfin, peut-être que je parlais un peu plus fort que d'habitude, voilà tout.
Aujourd'hui, pourquoi faut-il que les gosses hurlent partout ? Dedans, dehors, en privé, en public... Je suppose qu'il ne faut pas les brimer sur cela non plus. Ils veulent s'exprimer, qu'ils le fassent. Sinon, ils vont finir en psychothérapie. A mes élèves, je le dis souvent tellement il est naturel et normal, même lorsqu'ils sont à 15 cm de moi, de hurler. Une sorte de mode de fonctionnement normal, sans doute. Lorsque je leur demande de ne pas me hurler dessus, ils me regardent comme si c'était la toute première fois de leur vie que quelqu'un osait mettre un frein à leurs cris injustifiés.
Quand on passe entre les rangs, dans la cour, il n'est pas rare de se faire démolir les tympans par des gamines qui poussent soudainement des cris stridents... soit parce qu'elles ont vu une copine, soit parce qu'un garçon les a touchées, soit parce qu'elles ont juste envie de brailler, d'un coup, comme ça.
Est-ce complètement de leur faute ? Probablement pas. D'abord certains parents les laissent faire pour leur permettre de se développer correctement. Mais les émissions de TV sont remplies de ça aussi. Surtout celles que les ados regardent. On ne parle pas : on hurle. Et puis, les pubs aussi. En ce moment, il y en a plusieurs qui m'obligent à couper le son tellement elles sont insupportables ! Je crois que je pourrais tuer les abrutis débiles qui me vrillent les oreilles à ce point-là.
J'aime le calme, le silence, les gens qui parlent doucement... et on peut tout aussi bien dire les choses en s'exprimant ainsi qu'en hurlant, non ?