Hier, je me disais que le blog, mon blog en particulier est assez paradoxal et
j'ai l'impression, en y regardant de plus près, que ce paradoxe se retrouve chez d'autre blogueurs... J'explique.
D'un côté, souvent, le blog est là comme une page blanche sur laquelle nous pouvons déverser nos états d'âme, comme nous le faisions autrefois dans nos journaux intimes. Il m'est arrivé et il
m'arrive encore de m'épancher ici, de me laisser aller à des articles franchement démoralisants, tristes, désespérés même... Parfois j'ai regretté, parfois pas parce qu'après tout, on n'est pas
obligé d'être tout le temps joyeux et si les lecteurs n'apprécient pas les baisses de moral (parce que ça les dérange, parce que ça les énerve, parce que ça les plombe aussi...), ils ont toujours
la possibilité de na pas lire (selon Daniel Pennac, l'un des droits du lecteur c'est de ne pas lire, ne l'oublions pas). Bref, le blog sert souvent d'exutoire, sorte de berceau des larmes qu'on
ne peut pas verser ailleurs.
Mais, d'un autre côté, le blog est aussi une sorte de sanctuaire que l'on se refuse à "salir", ou à "polluer" avec certains de nos problèmes, quelquefois plus profonds et plus graves que ceux
dont on parle vraiment. Ça a été mon cas et ça le sera certainement encore si le problème se repose. Il y a des sujets douloureux dont je me refuse à parler ici comme si ce blog devait rester mon
hâvre de paix, une petite île de mon fors intérieur qui ne doit jamais être atteinte par les navires-poubelles de ma vie.
J'ai donc protégé mon blog contre certaines choses, de façon à avoir quelques secondes de répit lorsque je venais écrire... parce que c'en était trop, que je n'avais pas envie de voir ce qui
me bousillait l'existence faire son entrée et tout détruire ici aussi. Et puis, les fois où cette pollution était trop forte, je me suis retirée de la blogosphère parce que j'étais
incapable de faire autre chose que de subir ma vie... Ma petite île risquait d'être envahie et je ne le voulais pas, pour rien au monde...