J'ai eu l'occasion l'autre jour d'être interrogée sur ma conception du pardon. Voici ce que cette notion m'a inspiré:
Définir le pardon:
Le pardon, selon moi, c'est l'acte par lequel on "tire un trait" sur une rancœur que l'on éprouve vis à vis de quelqu'un, on a
conscience qu'un acte qui nous a blessé a été commis mais on accepte de ne plus en vouloir à l'auteur de cet acte, on accepte de remettre, en quelque sorte, les compteurs à zéro. En général, le
pardon est précédé d'excuses de la personne à qui l'on pardonne. Je pense que sans ce préalable, qu'il prenne une forme ou une autre (lettre, cadeau, petit sous entendu...) tout pardon est
impossible. Il faut pour pouvoir pardonner que celui qu'on a en face de soi ait pris conscience de ce qu'il nous a fait parce que sans cela la récidive est possible (elle l'est de toute façon
d'ailleurs) et puis, ça reste comme une espèce d'"ardoise" entre les deux partis si le fautif ne comprend pas en quoi il a mal agi.
Pardonner ou oublier ?
Pardonner ne signifie en aucun cas oublier, même si parfois, avec le temps les choses ont tendance à s'estomper, selon l'affront ou la blessure. L'oubli serait la pire des choses parce
que l'autre se sentirait "complètement blanchi" et selon sa personnalité s'imaginerait qu'il peut recommencer à sa guise puisque tout est effacé, comme un disque dur formaté qui perd toutes les
données. Maintenant, il faut savoir ne pas oublier sans continuer d'en vouloir et c'est ça le plus dur. Conserver un truc dans un coin de sa mémoire mais le mettre en "cache" si on veut. Ne pas le
ressortir à chaque instant, évidemment parce que sinon, ça n'est plus du pardon, c'est une manière de faire du chantage. Mais le conserver, montrer à l'autre qu'on l'a conservé dans un petit coin,
qu'on n'a pas oublié parce que quelque chose qui fait mal on ne l'oublie pas.. le but n'est pas de le faire culpabiliser non plus... c'est là que ça devient assez délicat d'ailleurs. Ne pas le
faire culpabiliser mais lui montrer qu'on garde une trace de cette faute.