Il y a des nuits où comme dans la chanson de Jackie Quartz "le sommeil se met en grève". On ne sait pas pourquoi. Il n'y a aucune raison particulière, apparemment. On se couche, on se trouve une position confortable, on ferme les yeux et on attend. Une heure, deux heures. On se sent fatigué mais le sommeil se refuse. On se demande où il est resté coincé, dans quel embouteillage, pour être en retard à ce point. ce n'est pas faute de le désirer pourtant. Mais non, il ne vient pas.
On repasse le film de la journée, puis celui des derniers jours et on anticipe même sur celui de demain. Et puis on en vient à ce qu'on aurait pu dire ou faire, ce qu'on pourra dire ou faire. C'est fou comme tout semble clair à 1h du matin. On n'a plus aucun doute. "Oui, c'est ce que je dirai, demain". On parvient même à entendre ce que les autres répondront en entendant nos paroles. Si à l'instant précis où l'on est allongé sous la couette on avait face à soi tous ceux à qui on a des choses à dire, tous les problèmes de communication seraient résolus.
Et puis arrive le matin. Et là, tout s'effondre. Ce qu'on trouvait génial quelques heures auparavant semble soit fade soit trop osé... Et on ne dit toujours rien, on reste avec ce qu'on a sur le coeur parce que finalement, ça ne se dit pas.