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Quand on est fatigant... et fatigué d'être fatigant.

Est-il possible de se fatiguer ? Je ne parle pas de faire quelque chose qui nous fatigue, style du sport ou je ne sais quoi, non. Je parle de l'expression "Tu me fatigues" qu'on dit souvent lorsque quelqu'un nous pousse à bout. Moi, je me fatigue moi-même. Je crois. Je me pousse à bout moi-même. Je m'insupporte moi-même. Enfin, pas tout le temps. Mais... parfois. Fréquemment. Pour plein de trucs.

Bon... le 1er en tête de liste n°1 de tous les hit-parades c'est mon angoisse permanente et obsessionnelle d'avoir une maladie. Je vous en ai déjà parlé. Eh ben, ça m'épuise. Je m'épuise. Le n°2, moins grave, en apparence et pourtant assez encombrant aussi c'est mon côté bordélique. Ouais. C'est lourd. Je me mettrais des baffes. Sauf que ça sert à rien. J'oublie des trucs, je ne sais plus où je les ai rangés. Je ne retrouve plus rien parce que mon foutoir est incroyablement ahurissant... Et, je me fatigue, là encore, à chercher, à fouiller alors que ce serait tellement plus simple de prendre le temps de ranger tout au fur et à mesure. Mais non. J'entasse. Je pose ici, là et partout. Les uns sur les autres... tant que ça tient... et après, je cherche. Comme je ne trouve pas, je m'énerve. Je m'en veux.

Je me jure que je ne recommencerai plus. On dirait une droguée parfois. "Si, j'te jure, c'est la dernière fois, promis... je ferai attention... je n'empilerai plus jamais rien sur rien... fais-moi confiance... encore une fois...". Tu parles ! Ça tient quoi ? Un jour ? Deux ? Et puis, c'est la petite feuille, la simple feuille que j'ai la flemme (oui, appelons un chat, un chat) de ranger dans le classeur. A partir de là, je ne contrôle plus... une autre feuille s'ajoute et ainsi de suite jusqu'au tas informe que j'ai envie de balancer à la poubelle sans même savoir ce qu'il y a dedans... du coup, dans le doute, je garde le tas... que j'essaie d'entasser dans un coin discrètement mais surtout pour faire de la place pour le prochain. Car un tas en entraîne un autre. Lorsqu'il n'y a plus que des tas et qu'on n'y voit plus clair, je me dis qu'il est temps de faire quelque chose. Demain. Oui. Toujours demain. Impossible de m'y mettre aujourd'hui. Jusqu'au jour où j'ai absolument besoin d'un des papiers qui peut éventuellement se trouver dans l'un des tas... et là, je me déteste. Je me dis que mes promesses ne valaient pas plus que celles d'un ivrogne... et je sais que je recommencerai à entasser parce que c'est plus fort que moi. 

Vous allez dire que c'est pas bien grave. Ben si. Au quotidien, c'est pesant. Je me pèse et me fatigue. Et je ne suis pas sûre qu'en vieillissant ça s'arrange... il me semble même que c'est le contraire parce qu'avant, j'étais bordélique mais j'avais de la mémoire... maintenant, j'ai toujours le bazar mais de moins en moins de mémoire... 

Il y aurait encore d'autres trucs mais ce sera pour un autre jour, si je n'ai pas oublié. En attendant, oui, on peut se fatiguer soi-même. J'y parviens très bien. Je m'épuise...

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B
Bonne idée ça !!! Je vais lancer un groupe de parole : "Bonjour, je m'appelle Béatrice et je suis bordélique."
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L
il faut voir le bon côté des choses : tu sembles consciente de ce qui ne va pas. c'est un bon point de départ pour agir en conséquence ! reste plus qu'à inscrire à un groupe de bordéliques anonymes !
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R
Bizarre, tiens, ta tendance au désordre me rappelle furieusement quelqu'un, quelqu'un que je connais très très bien (et qui, soit dit en passant, me pompe l'air aussi, certains jours)...Tout ce que tu décris, je le retrouve exactement chez moi : les objets qui s'amoncellent, se stratifient et disparaissent corps et biens, les piles de livres ou de DVD qui montent, montent, montent et finissent par s'effondrer, la tension artérielle qui grimpe de trois points quand je cherche pendant des plombes l'indispensable papier enfoui sous des tonnes de sédiments (et dont j'ai bien entendu besoin de toute urgence !), etc. Et comme, bien sûr, l'appartement ne suffit pas, le même bordel a aussi envahi mon bureau (que, fort heureusement, je ne partage avec aucun collègue) et ma voiture, où il est rarissime que les quatre sièges soient libres simultanément.Un jour, comme toi lassé de vivre dans le boxon perpétuel, j'ai pris mon courage à deux mains et j'ai tout rangé, n'hésitant pas à jeter impitoyablement une foule d'objets devenus inutiles et encombrants à mes yeux. Une semaine de rangement intensif, de remise en ordre frénétique, et je pouvais enfin contempler le résultat de mon dur labeur : un appartement impeccable, nickel, rutilant, parfait... et tellement sinistre, triste, figé, mort ! Un vrai mausolée ! Ce jour-là, j'ai compris qu'un lieu en désordre, c'est un lieu qui vit, un lieu où l'on vit, un lieu qui témoigne de la présence et de l'activité de ses occupants.Sans plus de remords, j'ai donc laissé le bordel réinvestir les lieux, me contentant de temps en temps d'un léger rangement pro forma afin de ne pas être trop noyé. Et si, parfois, l'agacement face à mon capharnaüm me reprend, je me raisonne en me répétant que l'ordre, c'est bien beau, mais c'est aussi bien emmerdant ! Et je laisse la culpabilité disparaître sous les objets que je dépose négligemment un peu partout : avec un peu de chance, elle non plus, je ne la retrouverai pas !Amitiés.
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A
J'ai de très bonnes sources. Je m'autoproclame référente météo de ce blog. Ceci dit, cette conversation serait plus à sa place dans les commentaires de l'article suivant. J'y cours !
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B
Oui, très bien ! 
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