Mes élèves de 6e viennent de re-voir (et en principe de
ré-apprendre) le présent de l'indicatif. Ouais, vous lisez bien : le présent... Pour ceux d'entre vous qui ont des enfants en primaire, vous devez vous demander pourquoi on répète encore ça au
collège... Bah voilà pourquoi :
Moi - Le verbe "rire" au présent de l'indicatif... Gertrude, à toi !
Gertrude (hésitant alors qu'elle a fait son exercice pour aujourd'hui, en principe) - Bah, euuuuuuuhhhhhh, "Je RIE, R-I-E"
Moi (patiente)- Non, la terminaison en -e, je viens de le répéter 3 fois c'est pour les verbes du premier groupe... Donc, le verbe rire, c'est une autre terminaison... Vas-y : Je ri ???
Gertrude (fière d'elle)- R-I-T
Moi (soupirant)- Non, je viens de répéter 15 fois qu'après "je" on ne met jamais de T... Allez, tu vas trouver... (on y croit encore un peu)
Gertrude (réfléchissant très sérieusement) - R-I-G...
Moi (l'interrompant stupéfaite) - R- I quoi ????
Gertrude - Ben G... "Je rigole" avec un -e comme terminaison !
Moi (désespérée) - ..............
Et voilà... Et ce n'est pas une élève en difficultés, et ce n'est pas une classe difficile, et ce n'est pas le passé simple ou le passé composé...
Ça semble drôle comme ça... et ça l'est peut-être pour certains d'ailleurs mais je trouve que c'est loin de l'être au quotidien... C'est usant, déprimant, désespérant... C'est mon métier, je sais mais bon... y'a des fois où je ne sais plus comment faire pour faire au mieux, pour qu'un petit quelque chose rentre... Vous allez me dire que ça ne concerne qu'une élève et que donc, je me plains pour rien sauf que je vous ai épargné les autres "perles" de ce style parce que je les ai déjà oubliées... Il y a même des moments où je doute moi-même de ce que j'écris à force de...
Et eux, ils restent gentils et sympathiques mais ça s'arrête là... Je ne dis même pas qu'ils le font exprès, non. Cette élève était volontaire pour répondre, motivée et persuadée d'être dans le vrai... Les autres aussi... parce qu'ils n'ont pas appris, pas retenu, pas lu, pas compris (le présent !!!)... Sur quelles bases peut-on s'appuyer pour le reste ? C'est ça le problème ! Mon métier consiste-t-il désormais à simplement me satisfaire de leur gentillessse ?
ps : je précise à ceux qui verraient quelque chose de génial dans l'idée que l'élève a assimilé "rigoler" à "rire" que, deux semaines plus tôt, nous avons étudié les niveaux de langue et qu'on a répété et archi répété que "rigoler" c'était du langage familier, que c'était différent de rire même s'ils sont synonymes et bla bla bla...