A l'époque, tout le monde à la fac parlait de ce film, "Le cercle des poètes disparus". Je ne l'avais pas encore vu. Je ne savais pas trop si j'irais le voir ou non. On disait que c'était génial et extrêmement émouvant. Je me souviens même d'avoir lu, dans le journal local, qu'on rembourserait le billet de ceux qui ne verseraient pas leur petite larme à la fin. J'ai donc été intriguée et je suis allée le voir.
Quel choc ! Quelle révélation ! Ce film, en quelque sorte, nous apprenait que la vie, il faut la vivre, chaque jour, intensément et profiter du jour présent. Le Carpe Diem. Et puis, la poésie, il faut aussi la vivre, la ressentir et pas l'analyser de façon systématique comme on l'enseigne dans les livres de littérature. Non. La littérature se vit et ne s'explique pas. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise manière de ressentir un texte. Il y a notre manière personnelle qui n'est pas celle du voisin.
Comme dans la vie, on ressent les événements à notre façon qui n'est pas non plus toujours celle du voisin. Et ce ne le sera jamais sans doute parce que le voisin n'est pas nous. Chacun vit, comprend, ressent le monde à sa façon.
C'est ce qui fait notre richesse mais aussi nos drames. Etre "unique" c'est bien, c'est une belle idée mais parfois, à force d'être unique, on se sent un peu trop seul au monde et on finit par se demander si on a encore notre place dans ce monde où personne, pas même les gens les plus proches de nous, n'est capable d'envisager les choses de notre point de vue. Le jour où l'on constate cette solitude profonde, viscérale et abyssale on ne peut plus être tout à fait le même... et certains, comme Robin Williams finissent par ne plus supporter ce sentiment.
Hommage à un grand artiste avec cette scène finale du "Cercle des Poètes Disparus" que nous regarderons désormais d'un autre angle, avec tellement plus d'émotion encore :