"Le souvenir d'une certaine image n'est que le regret d'un certain instant" Marcel Proust...
Hier, je lisais un article, je ne sais plus où (ah, les méandres mystérieux du net...) au sujet des souvenirs d'enfance... On y expliquait que, très souvent, ce qu'on pense être nos premiers souvenirs ne sont en réalité que le fruit de notre imagination, entièrement recréés parce qu'on nous les a racontés. On ne se souvient pas vraiment. Notre esprit a "reconstruit" l'histoire à partir de récits entendus ça et là autour de nous, avec toute la subjectivité que cela implique... Ben oui... On a reconstruit sur la base de ce que d'autres nous ont raconté, les adultes donc. Or, ces adultes évoquent un souvenir pour eux aussi... souvenir qu'ils ont peut-être arrangé ou qu'en tout cas, ils racontent de leur point de vue, comme eux l'ont vécu.
De plus, l'article disait qu'en vieillissant, et selon notre humeur et notre état d'esprit, on avait tendance à modifier petit à petit nos souvenirs au fur et à mesure que nous les racontons autour de nous... Donc, on se forge des souvenirs à partir des récits des autres qui, sans doute, peu à peu, ont fait évoluer leurs souvenirs. et on "invente" petit à petit des détails pour nos souvenirs à chaque fois qu'on les évoque.. C'est pas très précis tout ça... Pire que le téléphone arabe...
Mes premiers souvenirs d'enfance sont plutôt des impressions que de réels souvenirs... je ne peux même pas dire s'il y a des images qui s'y accrochent... C'est, comme la fameuse madeleine de Proust (encore lui !), des goûts, des odeurs, des musiques (beaucoup de musiques !), des lieux qui soudain me ramènent dans le passé, sans plus de précision. Je ne me risquerais d'ailleurs pas à raconter ces choses-là parce que ça ne se raconte pas... ça se ressent, au mieux... mais c'est tellement vague que ça ne veut pas dire grand chose.
Alors, finalement, de quoi est composé notre passé ? C'est quand même lui qui a fait de nous ce que nous
sommes devenus... et, certains de nos souvenirs nous ont marqués à vie, comme on dit... mais dans quelle mesure leur faire confiance ? Quelle est la part de vécu, de réel ? Quelle est la part
d'imaginaire ? S'invente-t-on un passé ? Qui est l'enfant que nous avons été ?