Je viens de lire un extrait du nouveau livre d'Hervé Vilard "Le bal de papillons". J'ai trouvé l'extrait où il parle de Claude François. Et en
effet, c'est plutôt féroce comme critique. Il explique qu'il était très admiratif de Cloclo et qu'un soir, juste avant d'entrer en scène, alors qu'il regardait le public et ses réactions avec un
certain émerveillement, Claude est arrivé et a regardé aussi les gens en disant "Ce sont des boeufs". Bizarre comme réaction vu qu'il débutait et que, si ce public ne le suivait pas, il savait
qu'il ne deviendrait rien. Car, on a beau avoir du talent, si le public n'est pas au rendez-vous, on reste talentueux tout seul dans son
coin.
Je ne sais pas quel crédit accorder aux propos d'Hervé Vilard qui, malgré tout, avec le temps, règle des comptes avec un peu tout le monde comme un vieil aigri qui a du mal à digérer le passé.
Cependant, ce qui m'a interpellée c'est que Claude François aurait dit ça lors d'un gala qu'il donnait à... Brest ! Eh oui, chez moi... Bon, je n'étais pas née en 1964 mais, ce serait donc le
public brestois qu'il aurait traité de "boeufs". Du coup, je me dis qu'il visait peut être ce public en particulier et pas le public en général car, selon moi, bien que je n'aie jamais assisté à un
gala de Claude François, je pense qu'il ne devait pas apprécier le public breton. D'ailleurs, il suffit de regarder ses dates pour se rendre compte qu'il est très très peu venu en Bretagne.
Pourquoi ? Selon moi parce qu'effectivement le public d'ici ne lui convenait pas... Le public breton est très difficile à conquérir et surtout très peu démonstratif, même encore maintenant,
certains artistes rament pour obtenir quelques démonstrations d'enthousiasme de la part des Bretons. Or, Claude François a souvent répété qu'il avait besoin de folie, presque d'une certaine
"animalité" du public... les filles folles dingues qui hurlent, qui s'arrachent les cheveux, qui se jettent sur la scène en crise d'hystérie, qui le mordent... Il disait qu'il avait besoin de ça
pour se donner lui même à fond. J'imagine assez mal mes compatriotes se livrer à ce genre d'excès, comme ça, juste parce que c'était Claude François qui arrivait sur scène. D'un autre côté, je
comprends qu'un artiste soit touché par des démonstrations d'amour presque trop grandes... Un artiste est souvent dans l'excès donc ça lui plaît, que ce soit factice ou sincère, peu importe, ça le
rassure. Et la distance bretonne a de quoi en refroidir plus d'un.
Il est donc fort possible que le chanteur ait pris cela comme un affront personnel, ne comprenant pas que les Bretons ne sont pas dans l'ostentation ou l'exagération. Un artiste qui arrive vraiment
à conquérir le public breton est assuré d'une admiration sincère mais il faut prendre la peine de le conquérir. Il n'est pas acquis d'avance. Alors, sans doute, s'il a bien parlé de boeufs (et ça
reste à prouver), c'est fort possible qu'il ait réservé cette expression aux Brestois qui ont eu le malheur de ne pas se comporter avec autant d'hystérie que nécessaire.
S'il avait appris à connaître les Bretons, il aurait su que nous pouvons paraître froids et distants mais nous n'accordons pas notre amour, notre amitié ou notre admiration simplement comme ça. En
revanche, une fois que nous les avons accordés, en général, c'est pour la vie... et nous avons tendance à penser que tout le monde est comme nous.