Cette année, pour la première fois, je n'ai pas fait semblant de réveillonner. Tous les ans, depuis des années, j'achète, pour faire comme tout
le monde, des trucs et des machins, du saumon, du foie gras, de la langouste ou je ne sais quoi histoire de faire comme si c'était vraiment un jour exceptionnel... Et tous les ans, ma mère insiste
pour qu'on prenne plein de choses pour le réveillon, or, elle, tout ce qu'elle mangera c'est de la bûche au chocolat parce que le reste elle n'aime pas... en plus, elle la mangera vers 17 ou 18h
parce qu'après c'est trop tard. Résultat, tous les ans, je prenais un apéro avec moi-même puis, je mangeais seule mon merveilleux repas de fête. Alors, cette année, je me suis dit que ça ne servait
à rien ni à personne de faire semblant.
C'est pas que je rejette Noël comme certains presque par principe, avec une sorte de mépris condescendant pour ceux qui osent s'amuser ce soir-là. Non. Même l'aspect commercial ne me dérange pas si
ça fait plaisir aux gens de se faire plaisir une fois dans l'année, où est le mal ?Au contraire, je trouve génial de vouloir fêter ça. L'ambiance, le sapin, les jolies décorations, les
cadeaux, les retrouvailles avec la famille ou bien, tout simplement, les regards émerveillés des enfants.
Mais c'est un état d'esprit aussi. Or, quand on ne l'a pas cet état d'esprit, à quoi bon faire semblant ? Manger comme les autres et avoir l'impression d'être soudain devenue comme les autres ?
Non, ça ne suffit pas. Autant assumer, si possible sans fierté ni regrets, cette différence. On est forcément dans l'ambiance parce que dès qu'on sort on voit les décorations, dès qu'on parle
à quelqu'un, il souhaite un Joyeux Noël et, pour ne pas jouer les rabat joie, je le fais aussi parce qu'évidemment, je n'ai pas à entraîner les autres dans ma situation. Je respecte leur bonheur et
je l'envie sans pour autant en être jalouse. Là encore, ça ne m'avancerait pas à grand chose.
Mon silence de ces derniers jours est dû à toutes ces réflexions sur le sens de ces fêtes de fin d'année, sur le sens de tous ces mots gentils qu'on entend et qu'on va encore entendre dans les
jours à venir, la profondeur de tout ça... J'ai préféré me taire avant parce que mes sentiments et mes mots n'auraient pas été à leur place dans cette ambiance pré-festive. Alors, bien sûr, il
reste le Nouvel An... Mais c'est encore différent.