Les profs pratiquent les grèves d'un jour. Avec les critiques que ça implique ("ces feignasses se prennent un jour de plus de vacances"). Le souci c'est que les grèves d'un jour n'ont aucun impact, pire, la dernière a poussé le gouvernement à faire passer le décret contesté la nuit suivant la grève. Tout en affirmant que le dialogue restait ouvert. Heureusement.
Après cela, j'ai lu des messages de collègues qui cherchaient des idées pour faire entendre le mécontentement légitime d'une grande partie de la profession. Petit bilan :
- Bloquer les établissements scolaires : illégal, puni sévèrement. On oublie.
- Empêcher les examens : faute professionnelle. On oublie.
- Refuser de corriger les examens : faute professionnelle. On oublie.
- Mettre des 20/20 partout : faute professionnelle. On oublie.
- Mettre des gommettes sur les bulletins : faute professionnelle. On oublie.
- Porter un gilet fluo avec des mentions genre "école en danger", "à bas la réforme" : faute professionnelle. On oublie.
- Porter un gilet fluo sans aucune mention : ok
- Porter un bonnet violet avec des mentions comme ci-dessus : faute professionnelle. On oublie.
- Porter un bonnet violet neutre, sans mentions : ok
Donc... résumons nous : tout ce qui pourrait emmerder le monde - et, il m'avait semblé que c'était le but de tout mécontentement (à la SNCF, ils empêchent les gens d'aller bosser, donc, ils emmerdent le monde et on les écoute un peu)- est une faute grave.
Il nous reste l'option "déguisement" qui permettra à nos élèves de bien se marrer (pendant ce temps, ils ne s'ennuieront pas, c'est déjà ça). On passera pour des guignols, une fois de plus. Ou plutôt, on confirmera que nous en sommes bien. Je ne pense pas que quelqu'un d'en haut se dira "Ouh, la, la, ils ont sorti les gilets fluos, on va avoir chaud aux fesses ! Vite, retirons la Réforme !".
Si on s'amuse à ça, à mon avis, dans notre future pochette de rentrée, on trouvera un nez rouge pour compléter le costume avec, en dédicace, les salutations distinguées de la ministre elle-même !