Il y a quelques années ma mère m'avait reproché d'être incapable d'être "constante" dans mes passions. Elle m'avait cité de nombreuses activités
pour lesquelles j'avais eu des coups de coeur et en était arrivée à la conclusion que j'étais assez "instable", une sorte de touche à
tout qui, au final, ne touche à rien. Alors, oui, c'est vrai, à l'adolescence, je me suis intéressée à la musique, au tennis, au cyclisme, au dessin, aux puzzles, au théâtre, à la photo, à
l'écriture, à l'informatique... à tout un tas d'activités très individuelles, globalement... et j'en oublie sûrement de ces passions passagères qui m'ont occupée quelques jours ou même quelques
heures. Sur le moment, cette remarque, je l'ai mal prise parce que je la trouvais injuste même si, effectivement, j'ai eu des coups de coeur très passagers. Mais qui n'en a pas ? Sous-entendre que
je ne pouvais me fixer sur rien était plutôt vexant, non ?Surtout que, si on y regarde de plus près, je suis fan de Claude François depuis l'âge de 4 ans, j'écris depuis l'adolescence (avec plus ou
moins de régularité, mais même Rimbaud s'est arrêté d'écrire !), j'adore les jeux vidéo depuis... que ça existe. Je trouve que c'est plutôt régulier pour quelqu'un qui ne s'attarde sur rien bien
longtemps.
Et puis, en observant mes semblables, je m'aperçois que je suis loin d'être la seule à changer de centre d'intérêt... et j'irais même jusqu'à dire que comparé à d'autres, je suis plutôt fidèle car
en général si quelque chose me passionne, ça ne s'éteint pas comme ça, du jour au lendemain. Mais, il faut bien avouer aussi que, contrairement à la plupart de mes amis, je n'ai pas beaucoup de
propositions ou beaucoup d'idées : deux paramètres qui provoquent les choses, souvent. Pourtant, j'aime être dans cet état d'engouement extrême pour quelque chose et c'est vrai que parvenir à me
passionner pour un truc nouveau c'est toujours motivant... enivrant pour moi aussi; je comprends donc très bien et j'envie même ces gens autour de moi qui virevoltent d'un truc à un
autre.
Je suis, en ce moment dans cette phase où je recherche le p'tit déclic qui fera qu'à nouveau je serai excitée à l'idée de... mais quoi ?La dernière fois, pour l'ACF, je ne cherchais pas et
c'est venu tout seul. Comme je l'ai dit ça a été une aventure très enrichissante non seulement parce qu'elle touchait de près mon idole mais avant tout parce que c'est une aventure et une
passion que, pour la première fois de ma vie, je n'ai pas vécue seule. Ce qui me plaisait c'était ce contact avec d'autres personnes, c'était l'idée de construire quelque chose à plusieurs
mains, c'était l'idée d'échanger des idées, des propositions, réfléchir ensemble à une amélioration et, avoir la joie de trouver à plusieurs le petit truc en plus qui nous manquait.
Je suis une grande solitaire et m'investir dans un travail d'équipe m'a appris beaucoup. Maintenant, j'ai l'impression de retourner à cette solitude, comme s'il fallait à nouveau que je cherche une
occupation juste pour moi, comme avant... l'éternelle fille unique qui ne trouvait jamais personne pour jouer avec elle... Tant que ça avait toujours été ainsi, faire les choses à
plusieurs ne pouvait pas me manquer parce que je ne savais même pas ce que c'était... mais à présent, je le sais et je trouve très difficile et très triste ce retour à la case départ... ou presque
car, bien sûr, j'essaie de rester attachée à quelques projets afin de pouvoir me dire qu'il reste encore quelque chose à faire et que peut-être demain la passion "en équipe" se représentera et
saura me réjouir à nouveau, me donner l'illusion que je ne suis pas si seule...