Quand on discute avec les gens, on remarque souvent qu'ils ont une certaine ligne de conduite, une certaine morale, certains principes auxquels ils tiennent tout particulièrement. On est plus ou moins d'ailleurs influencé par ces principes parce que, selon les nôtres, on va se rapprocher ou s'éloigner de certaines personnes. Ça fait souvent partie des conversations : "Ah, moi je ne supporte pas que..." et là, on répond "Ah, tu as raison, moi non plus...". Peu à peu des liens "moraux" se créent. On a des atomes crochus plus puissants avec ceux qui comprennent et qui adhèrent à certaines exigences que nous avons. C'est normal.
Pourtant, méfiance... Ceux qui sont le plus à cheval sur les principes comme on dit, ceux qui ne supportent pas qu'on manque de savoir vivre, ceux qui exècrent le manque d'organisation, ceux qui se battent contre les incompétents, il faut les voir à l'oeuvre à leur tour avant d'accorder un quelconque crédit à leurs belles paroles ! Et, on est bien souvent déçu. Dans les actes, que reste-t-il ? Plus grand chose... les belles leçons qu'ils maîtrisent parfaitement lorsqu'elles concernent les autres sont subitement oubliées dès que ça les concerne... comme s'ils étaient exemptés de ce qu'ils prétendent si important pour eux. Je trouve ça plus qu'étrange et surtout franchement malhonnête. Nous avons tous des forces et des faiblesses et reconnaître ces dernières est d'ailleurs une force, paradoxalement. Pourquoi toujours exiger des autres ce qu'on n'est pas capable d'exiger de soi ou ce qu'on n'estime pas nécessaire pour soi ? En quoi puis-je m'autoriser à ne pas faire ce que je demande aux autres avec tant d'insistance ? Me suffit-il d'afficher mes principes pour en être ensuite délesté ? Il semblerait que ça marche souvent comme ça et finalement, j'ai longtemps admiré ces gens qui disaient haut et fort qu'ils avaient le droit d'être exigeants envers les autres car ils l'étaient envers eux-mêmes. J'en ai connu beaucoup et j'admirais l'aplomb avec lequel ils parvenaient à me convaincre de cela... et puis, j'ai vu que, dans les actes, ces gens-là n'étaient pas mieux que moi, que leurs belles paroles s'envolaient autant que leur courage à admettre leurs faiblesses ou leurs erreurs... et si finalement leur seule vraie faiblesse était de se croire les plus forts ?