Il est normal d'avoir peur des chiens lorsqu'on a été mordu ou de ne pas être à l'aise en voiture lorsqu'on a été victime d'un grave accident. Tout le monde peut comprendre ça. Mais comment expliquer que le foot puisse me faire mal ? Comment le faire comprendre surtout ? J'ai vécu l'une des pires journées de ma vie le 12 juillet 98. Depuis, le mot "foot" me renvoie à cela. La chanson fétiche de l'époque me met les larmes aux yeux systématiquement, même encore aujourd'hui. Et même lorsque je vais bien et que je ne pense à rien de triste avant ! C'est incontrôlable. Chaque évocation du foot, chaque image me ramène à ce jour-là. Alors, sur FB et twitter, je bloque tout ce qui évoque ce sport. Je fais de mon mieux pour ne pas regarder la télé (sauf mes séries !). J'empêche les élèves de parler foot en classe. Je fais de mon mieux mais en ce moment, ce n'est franchement pas simple !
Est-ce que j'aurais autant haï ce "truc" sans ce souvenir pénible ? Pour d'autres raisons, sans doute mais ça n'aurait pas remué autant de choses. Vous trouvez ça bête ? Vous avez peut-être raison. Le foot n'est pas responsable de la faillite de mes illusions en ce 12 juillet 98. Seulement, cet événement sportif était tellement inévitable qu'il est désormais indissociable de tout le reste.