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Mauvaise note

Aujourd'hui, discussion avec la maman d'une jeune fille qui est passée en 6e là, en septembre. Son instit lui avait dit qu'il n'y aurait aucun souci, qu'elle était dans les très bons et, en effet, elle n'avait que des A, ou des B et quelques C... des D aussi mais rarement. Arrivée en 6e, premiers contrôles, les résultats sont catastrophiques... Ses notes plutôt autour de 6/20. Elle n'est pas dans les très bons. Loin de là. Et pourtant ce sont des révisions. Réflexion de la maman : "Si au moins j'avais eu des notes avant, j'aurais su si ma fille était plus près du 12 ou même du 10 que du 18 ! Finalement, je n'avais aucune idée de son réel niveau ni de ses réels problèmes."

Alors, pour remédier à ce genre de souci, dans plein de collèges, on supprime les notes en 6e et 5e, histoire que les parents ne sachent surtout pas où en sont réellement leurs enfants ! En 4e ou même en 3e, ce sera bien assez tôt de leur balancer que, finalement, leur enfant n'est peut-être pas si doué que ça et que ses A, B, C (ou gommettes vertes, jaunes et rouges... ou smileys qui sourient ou pas) ne représentaient pas grand chose. Ah, il n'était pas traumatisé, l'enfant, non. Ses parents non plus. Tellement pas qu'ils le pensaient tout à fait au point et que maintenant, ils ne savent plus quoi faire parce que, arrivé en 3e, c'est un peu tard pour réagir. 

Alors quoi ? Suppression du brevet parce qu'un brevet gommettes, ça ne fait pas sérieux... Et puis, les notes, au bac ? Comment qu'on va faire ? On va aussi devoir mettre des lettres comme aux States ? Tu auras ton bac A+ ou C-. Mais, en vrai, tu n'auras toujours pas trop idée de ton niveau. Alors, tu feras des études supérieures parce qu'après tout, hein, tu n'es pas plus nul que les autres... et même, tu passeras des concours... sans notes, sans rien, de rien, pour rien. 

Alors, n'évaluons plus ! Jamais. Rien. Ni personne. Et puis, si tu veux devenir médecin, charcutier, prof, pilote de ligne, commerçant... tu le pourras si tu le désires. C'est juste une question de volonté et il ne faut pas brimer les gens. D'ailleurs, même moi, je vais pouvoir devenir vétérinaire après toutes ces années où j'ai cru que mon niveau était insuffisant. Si je n'avais pas eu de notes, je ne l'aurais même pas su ! Et j'aurais pu réaliser mon rêve. C'est con... Les notes ont gâché ma vie. Je n'ai pas pu sauver plein de petits chiens, de petits chats, de vaches et de cochons ! A cause de mes notes, même mes parents m'ont dit :"Non, tu n'as pas le niveau ! "... Si j'avais eu des smileys souriants, ou juste un peu tristounes de temps en temps, si on ne m'avait pas traumatisée par des notes, j'aurais fait une grande carrière ! Bon... combien de pauvres tites bêtes auraient clamsé entre mes mains pas très expertes, ça, on n'en sait rien... mais, voilà, sans notes, j'aurais eu une autre vie ! 

Je me demande quand même si dans les grandes écoles, celles où vont les enfants de nos élites, on va s'amuser à mettre des gommettes et des smileys ou bien si eux continueront à avoir une vraie formation avec de vraies informations ? 

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K
Whoa! This blog looks just like my old one! It's on a completely different subject but it has pretty much the same layout and design. Excellent choice of colors!
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B
Et l'école devrait aussi admettre qu'elle n'est pas la voie pour tous.
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A
Chère Béatrice,Je ne suis pas certain que tu liras mon petit commentaire car j'ai attendu plusieurs jours avant de répondre...Je passerai probablement pour un iconoclaste, mais, à mon avis, si on ne te juge pas à l'école, on te jugera quand tu gagneras ta croûte!De plus, les beaux diplômes, presque personne ne s'en soucie... sauf dans la fonction publique et quelques professions "protégées" (notaires, médecins, pilotes d'avion...) ou l'incompétence peut se traduire par des malheurs non financiers.Mais certains doivent être accompagnés pour être motivés! Je pense à l'autodidacte Edison qui vendait des journaux dans des trains à douze ans et qui est parvenu à fonder "General Electric" en plus d'inventions qui ont bouleversé notre quotidien (lampe à incandescence, phono, centrale électrique...) (Son invention de la chaise électrique n'a pas bouleversé ta vie, j'espère!)Personne ne l'a aidé (au contraire) pendant qu'il créait des dispositifs télégraphiques dans un coin d'un wagon de chemin de fer.Chacun a un potentiel cognitif qui ne demande qu'à être exploité. L'école devrait aussi servir à trouver sa voie...AmitiésCitation: "Il faut apprendre pour connaître, connaître pour comprendre, comprendre pour juger." (Nârada)
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J
Oui, tiens, je lirais ça. Après tout on peut se dire aussi qu'en rendant les individus moins "intelligents" (encore que cette notion est relative), le monde commercial pourra davantage appuyer son empire sur le monde entier et asseoir sa domination, ne réservant qu'aux postes les plus élevés, ceux qui auront connu le monde de la "notation" et les plus hautes études. Mais n'est-ce pas qu'une forme d'aliénation que de donner tout pouvoir aux professionnels, quels qu'ils soient ? (commercialement parlant ou non). <br />  <br /> Il y'a aussi l'idée de l'ascenseur social, qui est souvent repris, comme quoi l'école aurait pour seul but de permettre à tout un chacun d'accroître son rang dans la société. Là encore, il s'agit d'idéologies qui veulent que tout le monde "devrait atteindre" ce niveau là. En sachant que le modèle dominant reste le modèle de la classe "bourgeoise", c'est à dire celle qui consomme davantage. En permettant à tout le monde d'accéder à ce statut par l'école, en l’occurrence, on fabrique également des consommateurs qui veulent davantage de produits (du moins plus chers) et cela est bon pour la machine économique dans son ensemble.<br />  <br /> Mais puisque la machine économique ne peut croître ne manière illimitée (et est malade aujourd'hui), il est normal que "l'ascenseur" qui fasse "monter les étages" tombe en panne également. C'est même plutôt rassurant parce que sinon je ne te raconte pas la crise qu'on se taperait si tout le monde avait bac + 8 et un salaire de médecin !! Il n'y a pas possibilité de généraliser le mode de vie de la classe dominante pour tout le monde. Même un smicard consomme déjà trop au regard du reste du monde, et des ressources disponibles. C'est un gros problème quand même. Alors après la dichotomie sociale pèse davantage et les pauvres restent pauvres, mais les riches seront (à mon sens) pauvres financièrement demain aussi... Tout le monde à la case départ ! <br /> Plus généralement dans "la fin de l'éducation : commencements ? " Jean-Pierre Lepri reprend les finalités observées de l'éducation, à savoir : <br /> - J'apprends le manque par le fait "qu'à peine ai-je appris quelque chose qu'il me faut en apprendre une autre, puis une autre et ainsi de suite, des quantités d'autres, sans cesse, chaque heure et pendant plus d'une décennie. Avec ce processus, j'apprends qu'il me manque quelque chose en permanence. <br /> - J'apprends la peur par la crainte de décevoir (bon pour ceux qui ont encore peur, il en reste peu... lol)<br /> - J'apprends à me soumettre aux valeurs d'un autre (qu'il m'inculque) et à ne pas me faire confiance. Ainsi l'autre (l'Etat) propose des programmes et une manière de voir les choses qu'ils m'imposent. Je me soumets donc à sa volonté (même si elle est erronée ou stupide).<br /> - J'apprends à me conformer aux attentes de mon éducateur, à ce que l'on attend de moi.<br /> - J'apprends à écouter, à recevoir des informations et à ne pas parler, ne pas m'exprimer. J'apprends à écouter celui qui est "payé" pour parler : le professeur, le chef religieux ou politique, le présentateur, l'animateur, le guide, l'expert... lequel ne fait que répéter ce qu'on lui dit de dire et non ce qu'il pense lui même. <br /> - J'apprends le temps contraint (je rentre à 9h et je sors à 16h. Je ne décide pas de mon emploi du temps, de mon temps...<br /> - J'apprends l'espace contraint et l'immobilité spatiale et symbolique, ainsi que la coupure avec mes racines physiques et symboliques. Je deviens un être "off-shore" ou "hors sol". <br /> - J'apprends la pensée contrainte par mon éducateur (chaque heure est dédiée à une activiée donnée et je dois pense à ce que d'autres pensent ou veulent que je pense).<br /> - J'apprends l'inutilité et l'insignifiance de ce que l'on me fait faire, le désintérêt pour ce que je fais. Chaque heure la sonnerie me demande de changer, quel que soit l'intérêt que j'aurais pu porter à ce que je faisais, ou même si je ne l'ai pas terminé. Pas d'investissement complet possible. <br /> - J'apprends le besoin incessant du nouveau futile (je n'approfondis pas , je change toujours pour du nouveau, notamment de programmes, mais du nouveau superficiel - comportement de type "zapping" sans lequel notre société de consommation s'écroulerait ! <br /> - J'apprends à être isolé au milieu des autres (je n'ai que peu d'échanges pendant les heures de cours avec mes voisins, ils sont interdits).<br /> - J'apprends à vivre divisé, à vivre comme un mort (les savoirs que j'ingurgite sont séparés en matières, puis refragmentés par leçons, parcellisés au maximum, sans liens entre eux, et sans lien avec la vie). <br /> - J'apprends que je suis responsable de l'image du monde que l'on me donne, dont j'hérite, que je suis responsable des choix qui me sont imposés., de ma réussite ou de mon échec sur des critères que je ne choisis pas, de mon bonheur ou de mon malheur selon des normes qui me sont données. <br /> - J'apprends à être jugé mais à ne pas juger. (sur l'exactitude de la réponse attendue notamment)<br /> - J'apprends à me conformer, à me standardiser, à rester à ma place, notamment, à être fier ou heureux de la position que l'on me donne. <br /> - J'apprends la compétition (sur les mêmes critères que chacun), l'obéissance aussi à ces normes.<br /> - J'apprends que "plus, c'est mieux". La quantité c'est la qualité : plus de moyens, plus d'argent, plus d'équipements, des salaires plus élevés. Le "toujours plus" de la croissance infinie. <br /> - J'apprends à courir après un diplôme pour avoir un emploi salarié, à ne pas savoir vivre autrement qu'en situation de "salarié", ni même à l'envisager. <br /> - J'apprends que la "technologie" en soi, c'est le "progrès" à travers les écrans d'ordinateur, les vidéoprojecteurs (mais je l'apprends aussi à la maison et via la télévision). <br />  <br /> D'une certaine manière, le système éducatif de la scolarité obligatoire apprend à vivre dans le monde d'aujourd'hui, c'est à dire un monde en compétition et en "croissance" au moins idéologique. Il me faut toujours plus pour satisfaire mes désirs et ça, je l'apprends à l'école par l'insatisfaction permanente.<br /> Que les programmes de l'éducation nationale misent sur telle ou telle pratique de notation importe peu du moment qu'il y'a notation et perpétuation du système éducatif, le schéma reste le même : éducateur/éduqué. Après bien sûr, on peut penser qu'avec ce système nouveau, les pauvres ne puissent plus avoir les capacités de devenir riches et se fassent dominer comme des crétins par les "puissants", c'est à dire les industriels et les politiques. Oui, mais en fait, on est tous déjà un peu dominés par ces gens là, alors un peu plus ou un peu moins... Et puis au final, ça fera fonctionner l'économie tous ces gens qui consomment pour consommer sans réfléchir.<br /> Comme on ne peut plus élever le "niveau scolaire" par le schéma éducatif classique et donc avoir plein de riches, on fabrique des pauvres qui désirent toujours plus... (ça revient au même au final) Et ça relance la croissance. Sont pas cons les mecs quand même ! <br />  <br />  <br />  <br />  <br />  <br />  <br />  
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B
@Karleman : Oui, on voudrait (officiellement) qu'on fabrique des Ferrari avec des pièces de 2cv dans des usines à gaz mal entretenues, sans jamais demander de moyens supplémentaires ni jamais se plaindre... même s'estimer heureux de notre sort.<br /> Quant aux enfants, on les rend malheureux : les bons parce qu'ils doivent subir le nivellement par le bas sans cesse et trouver ça bien. Les autres parce que, de toute façon, ils n'y arrivent pas, même quand ils essaient... et qu'ils sont tellement doués dans des choses autres que l'école. Mais non, ils doivent rester là et subir, nous subir pendant que nous les subissons. Personne ne va bien mais puisque des spécialistes (qui n'ont sûrement pas vu d'enfant depuis des lustres) ont trouvé LA solution (pour remplacer celles qui ne cessent d'échouer et qui pourtant avaient aussi été présentées comme LES solutions), tout va très bien madame la Marquise. 
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