J'ai toujours eu cette désagréable impression que je n'avais pas droit à l'erreur. A la maison, devant mon père, pas le droit de dire certaines
choses et si je le faisais, sermon à volonté comme si j'avais commis un crime de lèse-majesté. Premiers pas en voiture, première
erreur(calé dans un passage étroit), plus de voiture pendant 4 ans. Premier ami, un seul désaccord en 10 ans, pas le droit de m'expliquer : rupture définitive. Sur mon blog, article posté
qui déplaît ou qui blesse et à nouveau rupture avec quelqu'un que j'aime bien. Alors, oui vous allez dire que je fais mon Caliméro mais c'est pourtant vrai que c'est injuste. J'ai l'impression que
quoique je fasse de bien, ça peut toujours être balayé par une seule erreur, une seule chose qui ne va pas dans le bon sens... Aussitôt on me dit qu'il faut que je fasse plus attention, que je ne
dois pas blesser, que les gens sont sensibles... Mais moi ? C'est quand que quelqu'un s'inquiète de ce que je ressens ? C'est quand qu'on prend des gants pour ne pas me blesser ? C'est quand qu'on
prend soin de moi ? Quand qu'on me dit "C'est pas grave, ça peut arriver à tout le monde de se tromper."Je veux bien prendre soin des autres, toujours. Je peux passer des journées entières et
même des nuits avec quelqu'un qui a besoin de soutien, d'aide, qui ne se sent pas bien... mais, je ne peux pas être irréprochable...
Peut-être que c'est pareil pour tout le monde, je ne sais pas... Moi, je suis capable de pardonner (pas d'oublier), de tirer un trait et je m'imagine qu'il en est de même pour les autres.
Visiblement c'est faux. Bien que je n'aie jamais prétendu être parfaite, on dirait qu'il faut que je le sois. Mais moi aussi je peux me tromper ! Moi aussi je peux être blessée, à tort ou à raison
d'ailleurs. Moi aussi je peux être maladroite. Moi aussi je peux être chiante, ennuyeuse, lassante, fatigante, malheureuse, désespérée, égocentrique (comme dans cet article).... comme tout le
monde. Alors pourquoi n'ai-je jamais le bénéfice du doute ? Pourquoi n'ai-je jamais de seconde chance ? J'ai quand même pas rêvé, ça existe et certains en ont une, non ?
Faudra-t-il que ce soit toujours un personnage que je mette en avant ? Un personnage heureux, drôle, un clown qui amuse la galerie ou qui en tout cas a le bon goût de ne pas l'ennuyer avec ses
emmerdes quand il en a.... une façade de bonne humeur, une jolie vitrine bien décorée et joyeuse même si à l'intérieur tout est en ruines ?C'est déjà comme ça dans la vie, je m'y plie parce
que dans certaines circonstances on n'a pas le choix. Mais ici, on n'est pas au travail ou en train de faire les boutiques. Je ne dis pas qu'il faut accepter tout ce qui se dit sur les blogs,
en particulier sur le mien et être d'accord avec tout. Quand je me goure complètement, on peut me remonter les bretelles et me prouver que je suis à côté de la plaque... parfois j'ai des
oeillères, parfois je suis tellement obsédée par un truc que je ne vois plus rien, je fonce droit dans le mur, tête baissée. Qu'on m'ouvre les yeux mais qu'on ne me condamne pas aussitôt
!
Si on s'attend à ce que je joue ce personnage de joyeux luron sur mon blog, non... dans ce cas, autant me taire. Comme je l'ai dit il n'y a pas si longtemps à une personne que j'aime bien : nous
sommes tous faits de joies et de chagrins, nous ne sommes pas tout l'un ou tout l'autre et si quelqu'un nous accepte il doit nous accepter en entier... ou pas. Malheureusement, pour moi c'est
souvent "pas" ou "plus" comme si tout dérapage m'était interdit... mais ça doit être mon destin et en tout cas, je ne veux pas jouer à faire semblant juste pour être "comme il faut" dans la
société actuelle.