Apprendre l'échec et l'accepter fait partie des apprentissages de la vie. Douloureux parfois mais nécessaires. La réussite ne peut être au rendez-vous à chaque instant dans tous les domaines. Or, je viens de découvrir que chez les assistantes maternelles, l'enfant ne doit jamais être mis en échec lors d'une activité organisée pour lui. Entendez par là : si l'assistante maternelle propose un jeu, il faut que l'enfant parvienne à gagner. Si c'est quelque chose à fabriquer, il doit pouvoir y parvenir et surtout ne doit pas échouer. Très mauvais pour son développement, l'échec. Situation de réussite, toujours et en toutes circonstances. Pas d'aide, non. Réussite de l'enfant. Donc, activités adaptées où on est sûr qu'il réussisse. Obligatoirement.
Après, à l'école et au collège, ne pas briser l'enfant, le casser avec des sales notes, le mettre en situation de réussite, toujours. Sinon, gros risques pour sa motivation : il ne travaillera plus puisqu'il a vu qu'il n'avait pas réussi. Gros risques psychologiques : il ne sera plus jamais heureux parce qu'il s'est planté à cause de travaux trop compliqués qu'on lui donne à faire. De plus en plus, au lycée, au bac, on fait en sorte aussi de "faire réussir".
Alors, c'est quand le premier échec dans une vie de nos jours ? Le premier échec amoureux peut-être. Ah, celui-là, au moins, on ne peut pas l'imputer aux profs... quoique... ni aux parents... quoique.
Au boulot, à l'âge adulte... premier échec. Tu m'étonnes que ça surprend et que ça fait mal. C'est comme balancer en plein cagnard quelqu'un qui n'est jamais sorti d'une chambre noire : le choc est rude et douloureux !
Je me demande quelles générations on prépare... j'espère sincèrement pour elles qu'il n'y aura jamais rien de grave à gérer parce qu'on n'a plus le droit de les préparer à la vraie vie. A force de vouloir les protéger de tout, on les jette dans la fosse aux lions en essayant de leur faire gober que ce sont de gentils chatons inoffensifs... les pauvres...
Il ne me semble pas qu'on puisse éviter le moindre échec et je reste persuadée qu'il faut avoir conscience très vite de ses propres limites afin de mieux s'adapter à un monde qui, dans la vraie réalité de la vraie vie, ne fait aucun cadeau. C'est le rôle des parents de préserver leurs enfants mais il est aussi de leur devoir de leur apprendre les choses pénibles qui les toucheront forcément un jour ou l'autre. C'est ridicule et dangereux de laisser penser le contraire.