Moi (oui, c'est pas bien de commencer par "moi", ça fait égocentrique... mais, j'ai pas trouvé mieux), j'ai un rapport super compliqué avec les émotions, qu'elles soient positives ou négatives. Et, en ce moment, je trouve qu'on vit dans un monde où les émotions sont dévoilées à outrance si bien qu'elles perdent de leur valeur.
Je viens de voir une video où un jeune chanteur se met à pleurer en rendant un hommage à Michael Jackson. Et dans les commentaires postés par les internautes, c'est la contradiction la plus totale entre ceux qui considèrent que c'est un jeu d'acteur pur et dur histoire de faire croire à sa sensibilité (à laquelle personne ne semble croire vu qu'il a eu des soucis de violence) et ceux qui sont émus de voir les larmes de ce garçon. Après, il y en a qui disent que c'est une façon d'utiliser à ses fins le souvenir de Michael, d'autres qui remettent en cause les émotions de tous les Américains à la sensibilité lacrymale exacerbée...
C'est con parce qu'on finit par ne plus savoir à la fin... C'est vrai. C'est désagréable de se dire qu'on a pu être touché par un truc bidon, monté de toutes pièces. Oui, vous allez me dire que dans un film aussi c'est monté et que ça ne nous empêche pas de pleurer. Oui, sauf que dans un film, on sait que c'est un film. Et si on pleure c'est juste qu'on est rentré dans l'histoire parce que les acteurs étaient bons. En quelque sorte, on est volontairement embarqués dans l'émotion. Lorsque ce n'est pas un film, c'est différent... on peut être surpris par les larmes de quelqu'un et touché si on aime bien ce quelqu'un... on va peut-être verser une 'tite larmichette avec lui ou pour lui... D'ailleurs, même si on ne l'aime pas vraiment. Je me souviens de cette interview de Franck Dubosc qui craque parce qu'on lui parle de son père, ben... ça m'avait émue alors que lui, je m'en fiche un peu à la base. Et en plus, lui, c'est un comique donc, on s'attendrait plutôt à rire... alors, quand il se met à pleurer et que ça a l'air sincère, on est carrément étonné et on en est tout retourné... Alors, si on apprend que c'est truqué, waow... on a l'impression qu'on nous a "violé" une émotion... Attention, hein, je n'ai pas dit que pour Dubosc c'était bidon... Je ne le pense pas... Mais... après tout... qu'est-ce que j'en sais ?
Donc, voilà, cqfd... On peut maintenant avoir des doutes à chaque fois qu'une personnalité montre une émotion comme ça... Et ça, ça m'énerve parce que j'aime pas qu'on joue avec les émotions des autres et, évidemment, encore moins avec les miennes.
Au collège, c'est pareil. On ne sait plus... ça pleure dans tous les coins pour plein de raisons et parfois
les plus bizarres... Comment être sûr de ne pas s'apitoyer sur un chagrin bidon ou de ne pas passer à côté d'une vraie détresse ? j'ai l'impression qu'on a ouvert les vannes de l'émotion et qu'on
est désormais inondé par des larmes plus ou moins vraies mais de plus en plus banales ou banalisées en tout cas... Et ça, cette émotion à 2 balles, ça me ferait presque pleurer...