Hier soir, dans l'émission "Vie privée, vie publique", encore une fois la preuve a été faite que certaines personnes ne font pas la différence
entre ce qu'on voit à la télé, l'image qui nous est donnée et la réalité. Par exemple, des gens qui vont en vacances à Marseille pour chercher le quartier et les lieux du feuilleton "Plus belle la
vie". On leur explique alors que ce quartier est fictif, que la série est tournée à Paris et ils sont déçus. Je suppose qu'ils s'attendent à rencontrer les personnages afin de leur dire qu'ils les
aiment ou qu'ils les détestent... "Ah, vous êtes un salaud, vous !" Ben non, c'est juste le personnage qu'il joue... C'est rigolo comme phénomène, je trouve.
On comprend mieux comment un acteur peut, sans le vouloir, se retrouver enfermé dans un rôle ou du moins dans un type de rôle. Je me souviens d'une amie à qui je parlais de David Soul et elle
m'avait dit "Ah ben heureusement qu'on l'a vu gentil dans Starsky et Hutch parce que dans Le secret du Sahara il est tellement méchant qu'on l'aurait pas aimé !". C'est comme si certaines personnes
étaient incapables de faire la différence entre personne et personnage. Heureusement que certains actuers prennent le risque de jouer les "méchants" au risque de se faire détester parce que sinon
on ne verrait au cinéma que des mondes guimauve et rose barbie... quel ennui !
Et puis, chez Mireille Dumas, Michel Drucker a expliqué qu'il était loin de l'image de gendre idéal qui lui colle à la peau. Et pourtant... combien de gens pensent ça de lui ? Évidemment
qu'il est parfait dans le rôle qu'il joue à la télé, dans ses émissions. Évidemment qu'il ne va pas montrer sa mauvaise humeur, son agacement, des colères. Il n'est pas là pour ça. Alors, pour les
gens il devient le gentil monsieur qui est toujours de bonne humeur, jamais énervé, jamais en colère. Une sorte d'homme parfait, toujours souriant, toujours aimable, toujours gentil... Ils ne
comprennent pas qu'il joue un rôle, il fait son métier et son métier c'est d'être comme ça. C'est comme un chanteur, il ne va pas arriver sur scène en disant à son public "Je vous déteste bande de
cons, je suis là pour le fric et rien d'autre !". Alors, il dit "Vous êtes formidables. Je vous aime" et les gens sont tout émoustillés parce que la déclaration d'amour "publique" chacun
la prend pour soi: "Oh, il/elle m'aime !Moi aussi je t'aiiiimmmeee !!!!!".
On aimerait qu'il existe des gens aussi merveilleux, beaux, gentils, talentueux, sincères, jamais fâchés, toujours d'une humeur égale. Ces gens dont c'est le métier de nous le faire croire, il
est facile de succomber à leur charme et de nous imaginer que la perfection existe. Facile aussi de rejeter ensuite les gens "normaux" du monde réel comme cette dame qui a plaqué son mari pour
venir vivre avec Drucker, qui je ne sais pas pourquoi, n'a pas voulu d'elle. Pourtant il est gentil, non ? Il aurait dû accepter la dame.... dont le mari, évidemment, n'était pas à la hauteur de
l'image donnée par l'animateur télé mais personne ne peut être à la hauteur d'une image.
Je ne dis pas qu'il ne faut pas de temps en temps se laisser bercer par ces douces rêveries... bien au contraire ! C'est même nécessaire de se laisser aller de temps en temps, de se plonger dans
une sorte de conte de fée, comme lorsqu'on était enfant. Ce soir, je vais au concert de Michel Sardou et je sais que pendant le temps du concert, Michel va être le plus beau, le plus grand, le
meilleur, l'homme idéal en quelque sorte et ça va me faire du bien de le croire.... juste le temps du spectacle. Ensuite, je reprendrai ma vraie vie et lui la sienne... les artistes et leurs
spectacles sont des parenthèses de bonheur, des petites étincelles qui illuminent de temps en temps notre univers quotidien... rien de plus, rien de moins. Croire que l'image de la perfection est
la perfection ce n'est rien d'autre qu'une douce illusion. Mais c'est un peu une nouvelle religion que de croire aux beaux animateurs, aux
beaux chanteurs, aux beaux acteurs comme avant on croyait au Christ et en Dieu.... deux images de la perfection aussi, finalement.