Il était une voix qui m'a dit de me taire
Lorsque j'étais enfant.
Ses mots étaient très clairs,
Son ton était glaçant.
Il était une voix qui m'a dit de partir.
Je n'avais rien à dire,
Rien à penser non plus.
J'étais la malvenue.
Il était une voix qui m'a dit d'arrêter
De croire en l'avenir,
Qu'il n'y en avait pas,
En tout cas pas pour moi.
Il était une voix qui m'a dit de mourir
Et c'est ce que j'ai fait.
Je me suis effacée,
Gommée, évaporée.
Si j'entends cette voix encore dans mes nuits blanches,
C'est qu'elle s'est incrustée,
Tatouage indélébile,
De mon histoire qui flanche.
Cette voix, mon démon,
N'abandonne jamais.
Je n'crois pas au pardon,
Je n'crois pas aux regrets.
Quand on est mort depuis si longtemps,
On en oublie même de pleurer.