Hier, je parlais dans l'article "Un blog pour qui ?" de ceux à qui on ne donne pas l'adresse parce qu'on n'a pas envie qu'ils lisent nos écrits
bloguesques pour tout un tas de raisons : des proches trop lointains, des intimes à qui on ne veut pas livrer une certaine intimité, d'autres par rapport à qui on veut se
préserver...
Mais quelle est l'image que nous donnons de nous dans nos blogs ? Essayons-nous, vraiment comme dans un journal intime "classique" de nous révéler, de nous écrire tels que nous sommes
réellement, presque sans artifices ? Exprimons-nous nos sentiments de manière spontanée et profonde ?
En fait, au début d'un blog, lorsqu'on est éventuellement lu par des anonymes et uniquement par eux et tant que ceux-ci n'ont pas laissé de traces de leur passage, le blog est
quasiment "intime". En effet, être lu par des gens qu'on ne connaît pas et que sans doute on ne connaîtra jamais, c'est presque comme si on n'était lu par personne. Par là, je ne dénigre
pas les lecteurs anonymes mais disons que si on n'a jamais aucune trace de quelqu'un, on ne sera jamais "influencé" par sa présence invisible et peut-être qu'on osera dire beaucoup plus de
choses. Le premier lecteur qui se fait connaître va déjà faire changer notre attitude vis à vis de notre écriture, même de manière infime et presque inconsciente.
Ensuite, on apprend à connaître des membres de la blogosphère et on se fait une image de ceux qui peuvent devenir nos lecteurs. Sans compter les gens que l'on connaît vraiment, qui lisent
régulièrement notre blog et qui influencent aussi nos écrits, consciemment ou non. Alors, même si on tient à l'écart certaines personnes qui ne doivent jamais savoir certaines
choses qu'on écrit parce qu'on est dans une écriture "intime", on joue un peu avec ce terme et on sait bien, dans le fond, qu'on est lu et nos propos sont donc choisis. Sincères, je pense que nous
le sommes mais nous trions, nous sélectionnons ce qui vaut la peine d'être dit, nous laissons de côté les futilités ou les choses indiscibles. Nous n'abordons pas tout et nous n'aborderons jamais
tout... et même si nous le voulions, n'oublions pas la part d'ombre qu'il y a en chacun de nous cette part qui reste dans l'ombre y compris pour nous-mêmes.