Au journal de France 2, ce soir, que je ne regarde jamais d'habitude mais là, j'étais dans le salon et ma mère regardait... un reportage sur l'enseignement. La question : les parents sont-ils trop présents à l'école ? Une instit en premier. Elle explique qu'elle doit rendre des comptes aux parents qui, par principe, considèrent que les enseignants sont incompétents et que ça devient pénible d'être sans cesse remis en cause alors qu'on essaie de faire de son mieux, y compris pour que les enfants réussissent et non pour les humilier ou les plomber. Et puis, temps de parole plus long aux parents (France 2 oblige) qui demandent à avoir un droit de regard sur ce qui se passe dans les cours puisque c'est l'avenir de leurs bambins qui est en jeu.
J'ai une proposition : installer des caméras dans les cours... qui filmeraient de manière aléatoire pour que les élèves ne sachent pas quand ils sont filmés. Je pense que les parents auraient des surprises plus ou moins agréables concernant l'attitude de leurs mouflets pendant les cours (entre ceux qui se tripotent et ceux qui passent leur temps à discuter ou à insulter les autres... et encore, dans les collèges calmes...). Comme ça, ces chers parents pourraient voir le prof en action. Bizarrement, je pense que les profs ont moins de choses à camoufler que certains gamins ! En plus, dans certains collèges, ça permettrait de voir qui a frappé qui, qui a approté un couteau au collège ou qui a provoqué qui en premier...
Mais, bien sûr, c'est donnant-donnant : les parents auraient un droit de regard sur les cours, ok, et nous, nous aurions un droit de regard et de critique sur l'éducation qu'ils donnent à la maison. Là, on rigolerait deux minutes... Quoi ? Apparemment, ils considèrent que ce ne serait que justice pour eux de pouvoir surveiller au plus près les monstres à qui ils confient leur progéniture sacrée. Mais nous, nous devons aussi mieux connaître cette progéniture pour être plus efficaces... Ben oui, on saurait que le petit Marcel a passé 5 heures devant la télé tous les soirs de la semaine pendant que papa et maman recevaient ou étaient reçus, que la petite Doushka s'est enfermée dans sa chambre pour faire ses devoirs tranquillement mais, qu'en réalité, elle a passé la nuit à entretenir sa vie sociale sur face de bouc, que Gaspardino a passé sa nuit sur un jeu en ligne et qu'il a fait une crise de nerf parce qu'il a perdu contre le gang rival sur ce même jeu, que Abigaella est rentrée à 3h du matin, l'air pas trop frais et l'oeil vitreux alors que papa et maman dormaient tranquillement sans se soucier de l'absence de leur fille qu'ils croyaient en train de bosser un exposé chez une copine... Nous pourrions ainsi mieux adapter nos cours, me semble-t-il... faire de la pédagogie différenciée pour chacun de ces enfants afin de les accompagner dans leur réussite scolaire qui, ça ne fait aucun doute, est au coeur de leurs priorités. Ce serait juste non ?
Allons, soyons sérieux... si les exemples que j'ai donnés ne sont pas la réalité, que les parents ne sont pas des irresponsables alors, pourquoi les profs seraient-ils systématiquement considérés comme des incompétents notoires par ces mêmes parents qui ne supporteraient pas un instant qu'on mette en doute l'éducation reçue par leurs enfants ?
ps : je l'ai déjà dit plusieurs fois, on a tous connu ceux qu'on appelle des mauvais profs (oui, moi aussi, plusieurs même !) et ça n'a jamais empêché personne de réussir. Il faut arrêter de penser qu'un prof qu'on a quelques mois ou même quelques années dans une vie est le seul responsable de l'échec d'un gamin. Trop facile. Ce n'est pas agréable, certes... et pour avoir vécu pas mal d'humiliations de la part de ces profs, je sais de quoi je parle mais, en attendant, il a bien fallu passer outre parce que je ne me voyais pas à 40 ans dire autour de moi "Ah ben, j'ai raté ma vie à cause de ma prof de maths de 3e".