Bien que je ne sois pas du genre à mettre la charrue avant les bœufs, il peut m'arriver d'être un peu présomptueuse. C'est ainsi que je promis, il y a peu, un texte contenant des proverbes et des expressions. Sachant qu'on promet comme on veut et qu'on tient comme on peut, je voulais tenter, en faisant feu de tout bois, de rédiger quelque chose, un petit texte de derrière les fagots qui, je l'espérais, ne serait pas piqué des vers.
Je me disais que si vous n'appréciiez pas, je ne monterais pas sur mes grands chevaux mais je n'aimerais pas avoir l'impression de donner de la confiture aux cochons non plus. Ce texte, je m'y suis mise de tout mon cœur parce que je n'ai pas de poil dans la main dès qu'il s'agit de prendre la plume. Alors, me caresser dans le sens du poil même s'il y a, de temps à autre, une idée qui arrive comme un cheveu sur la soupe, ne serait que justice. Comme tout vient à point à qui sait attendre, vous avez bien sûr mérité de lire ce texte et comme à chaque jour suffit sa peine, je ne pouvais pas aller plus vite que la musique non plus. Il ne faut pas pousser mémé dans les orties.
A la guerre comme à la guerre, à cœur vaillant rien d'impossible, me suis-je dit et j''ai pris ma plume. Au départ, ce que j'ai écrit ne cassait pas trois pattes à un canard, il faut l'admettre. Ça aurait été beaucoup de bruit pour rien. J'ai tout effacé. Comme c'est au pied du mur qu'on voit le maçon, j'ai pris au pied de la lettre l'expression et suis allée m'installer au pied d'un mur. Sauf que les murs ont peut-être des oreilles mais ils n'ont apparemment aucune voix ni aucun style pour écrire. Je suis revenue les mains vides. Advienne que pourra, songeai-je un instant. Si l'appétit vient en dormant mangeant, l'inspiration viendra sans doute en inspirant. Donc, moi, bête et disciplinée, j'ai inspiré. L'espoir fait vivre, après tout. Au bout d'un moment, comme le mieux est l'ennemi du bien, autant faire de mon mieux à défaut de faire bien. Ou le contraire. Vous m'avez comprise. En attendant, j'avais un peu l'impression de pisser dans un violon puisque je n'avais pas écrit une seule ligne.
C'est un monde, ça ! Il existe des centaines et des centaines de proverbes ou d'expressions, et moi, c'était comme si j'avais donné ma langue au chat. Vous allez me dire que faute avouée est à moitié pardonnée mais quand même. Non, chose promise, chose due. Il me fallait un texte. J'ai le cœur sur la main, vous savez. Je ne veux que vous faire plaisir. De plus, les bons comptes font les bons amis.
Puisque l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, j'ai décidé de me lever avec les poules. Chat échaudé craint l'eau froide : je craignais cette terrible page blanche. Et puis, j'ai repris les choses en main, de main de maître même ! J'en ai fait des tonnes ! Un vrai roman ! J'aurais pu vous en mettre plein la vue ! Ah, ça, j'avais accompli un travail de titan ! Mieux vaut tard que jamais, me direz-vous. Certes... sauf que je suis une vraie tête de linotte et que j'ai oublié de sauvegarder mon travail. Tant pis pour moi. Quand on n'a pas de tête, il faut avoir des jambes alors, pour me faire pardonner, je cours jusqu'à vous pour vous faire un câlin !